Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /Nov /2009 14:28
Par Olivier Midière Président de l’Association de Développement de l’Economie Numérique en France

Priorité N° 1 :
Doter le pays d’infrastructures très haut débit fixes et mobiles (de 10 à 100M Mbit/s et plus) performantes et compétitives sur l’ensemble du territoire Les réseaux très haut débit fixes et mobiles sont au carrefour des nouvelles technologies, des nouvelles applications, des nouveaux services et des nouveaux usages numériques. Ils sont donc indispensables au développement de l’écosystème numérique et d’activités futures, comme par exemple dans les secteurs de l’éducation ou de la santé. Hors aujourd’hui le très haut débit ne concerne que quelques milliers de foyers dans les zones denses et, si rien est fait dès maintenant, seuls 40% des français y auront accès en 2020. Or, offrir le très haut débit à tous et partout est un enjeu stratégique pour notre pays. Y parvenir réclame une volonté interventionniste forte des pouvoirs publics, fondée sur le partenariat entre tous les acteurs (Etat, collectivités et opérateurs privés), la coordination pour une cohérence des actions, la mutualisation pour un partage des coûts, la péréquation pour un déploiement équilibré et équitable. A cet égard, les mesures annoncées dans le Plan France Numérique 2012 ainsi que dans le volet numérique du plan de relance – un droit d’accès pour tous à Internet en 2012 avec un débit minimum de 512 Kbit/s, ce qui correspond au plancher de l’ADSL, et un investissement de l’Etat de 750 millions d’euros sur trois ans via la CDC - ne peuvent malheureusement constituer une orientation stratégique compte tenu de la rapidité des évolutions d’usages et des 40 milliards d’euros nécessaires pour couvrir l’ensemble du territoire en très haut débit fixe et mobile, comme le précise l’avis rendu par le CESE en février dernier sous la houlette de son rapporteur, André Marcon. Le CESE qui estime d’ailleurs que tous les acteurs doivent investir ensemble dès maintenant pour aller vite vers le très haut débit, avec comme objectif un accès pour tous dans les dix ans. Les enjeux sont importants et le défi doit désormais être relevé car les technologies FTTH sont matures et prêtes à être déployées à la condition que tous les acteurs participent à cet effort national.

Priorité N° 2 :
Accélérer la diffusion et l’utilisation des nouvelles technologies dans l'ensemble de nos petites et moyennes entreprises pour redresser la compétitivité française L’impact des technologies de l’information sur la productivité, l’innovation et la compétitivité de nos entreprises et de notre économie est désormais un fait avéré. Tout comme la corrélation directe entre le niveau d’investissement d’un pays dans les nouvelles technologies et la croissance de son PIB. Parallèlement, toutes les études concordent sur le fait les TPE-PME françaises, depuis une quinzaine d’années, investissent moins que leurs homologues européennes, américaines ou asiatiques dans les nouvelles technologies, cela étant particulièrement vrai pour ce qui concerne l’utilisation d’Internet. La France a donc connu, ces 15 dernières années, un net affaiblissement de sa productivité et de sa compétitivité au regard des autres économies développées, en raison principalement de sa contre performance en matière d'innovation et d'utilisation des technologies de l'information par ses entreprises. Accélérer la diffusion de ces nouvelles technologies dans l'ensemble de notre tissu industriel et commercial, c'est donc avant tout fournir à notre économie l'un des principaux leviers lui permettant de redresser sa productivité et sa compétitivité à court terme, et donc sa croissance potentielle à moyen et long termes. La capacité de nos entreprises artisanales, commerciales, agricoles et industrielles, à se former, s’équiper, innover, entreprendre et évoluer dans le nouvel environnement technologique est plus que vitale pour notre compétitivité économique. De ce point de vue, les actions visant à accélérer la compétitivité et la croissance des entreprises par le numérique dans le cadre du Plan France Numérique 2012, bien qu’encourageantes, s’avèrent largement insuffisantes, tant au niveau des mesures préconisées que des budgets alloués ou des modes de gouvernance proposés. C’est pourquoi l’ensemble de la profession regrette également que, malgré ses multiples propositions, le volet numérique du Plan de relance n’intègre aucune disposition dédiée au développement des nouvelles technologies dans les TPE-PME, comme par exemple une prime au renouvellement de leurs équipements informatique et télécoms ou un crédit d’impôt sur leurs dépenses en logiciels, en applications Internet et en services IT. Des mesures qui auraient sans aucun doute eu la vertu de soutenir à la fois un secteur industriel en proie aux difficultés – la crise a en effet déjà provoqué plusieurs milliers de licenciements dans la filière électronique et numérique - et des PME-PMI en mal de compétitivité. Il est donc aujourd’hui urgent de bâtir un programme ambitieux fondé sur la culture du résultat – c’est-à-dire doté d’objectifs quantitatifs et qualitatifs clairs dans le temps - visant à réellement accélérer la diffusion et l’utilisation des nouvelles technologies dans l’ensemble de nos petites et moyennes entreprises. Ce programme devrait d’une part mettre davantage de moyens sur les actions déjà initiées par le gouvernement par le passé – en particulier le Plan TIC & PME 2010 et le Passeport pour l’Economie Numérique qui en l’état sont loin d’avoir atteint leur potentiel de réalisation – et d’autre part intégrer de nouvelles mesures d’incitation, notamment fiscales, pour l’équipement en nouvelles technologies des TPE-PME et pour le développement des usages Internet dans les entreprises.

Priorité N°3 :
Libérer les énergies et favoriser la croissance des entreprises du secteur des technologies de l’information en France Le secteur des technologies de l’information, qui globalement rassemble les entreprises industrielles et les sociétés de services issues de l’électronique, de l’informatique, des télécoms, de l’Internet et du logiciel, représente désormais en France une force économique très puissante avec plus de 100.000 entreprises de toutes tailles occupant plus d’un million de personnes et pesant près de 8% de la valeur ajoutée française. Nous savons aujourd’hui que ce secteur recèle un potentiel de croissance considérable, capable d’irriguer toute l’économie française et susceptible de générer des centaines de milliers d’emplois, comme d’en préserver d’autres qui seraient, autrement, détruits ou délocalisés. Ainsi, au plan macro-économique, le secteur des technologies de l’information contribue à un quart de la croissance française et ses effets diffusants sur le reste de l’économie dépassent ceux induits par tous les autres secteurs confondus. Aucun autre secteur ne présente autant « d’effets de levier » sur l’ensemble de l’économie. Pourtant, avec seulement huit entreprises parmi les 200 premières sociétés high-tech mondiales, la France n’occupe aujourd’hui que la 11ème place en Europe et on constate un affaiblissement relatif de sa position dans les technologies de l’information depuis 15 ans par rapport à ses principaux compétiteurs. Or, cet écart de la France par rapport aux grands pays producteurs de nouvelles technologies est de nature à réduire nos opportunités de croissance. Au-delà des fortes fluctuations conjoncturelles, les technologies de l’information constituent en effet un secteur porteur dont le marché a cru de 70 % de plus que le PIB mondial au cours des dix dernières années. Dans ce contexte, il est là encore urgent de favoriser la croissance des entreprises du secteur des technologies en France en allégeant les contraintes qui pèsent sur leur développement et en libérant leurs énergies. Particulièrement en ce qui concerne les PME innovantes de l’économie numérique qui ont grand besoin de mesures leur permettant à la fois de mieux se développer sur leur marché intérieur, de réussir leur internationalisation et d’accroître leurs efforts en matière d’investissements en recherche et développement. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la France parviendra à se doter dans les industries à valeur ajoutée, d’un tissu d’établissements de taille intermédiaire compétitif et innovant capable de conquérir des marchés mondiaux et de rivaliser ainsi avec les nations les plus avancées technologiquement. Il est indispensable de les y aider, et pour cela de développer les sources de financement mises à leur disposition, de leur faciliter l’accès aux marchés publics et aux marchés étrangers, de leur apporter les meilleures compétences ou encore de créer des dispositifs spécifiques, ponctuellement ou dans la durée, en matières fiscales, juridiques et sociales. Un grand nombre de propositions, recouvrant tous ces domaines, ont d’ailleurs déjà été transmises au gouvernement depuis plusieurs mois par les principales organisations professionnelles représentant les différentes industries du secteur des technologies de l’information en France : ainsi, le Syntec Informatique, l’AFDEL, le FIEEC, la FIEEN, Alliance Tics, l’AFNET ou encore le MEDEF ont tous remis des rapports et des propositions ante et post crise constituant un véritable plan de conquête pour les industries à valeur ajoutée technologique et visant à faire de la France un leader de l’économie numérique.

Priorité N°4 :
Doter la France d’une stratégie économique fondée sur une vision industrielle ambitieuse et moderne articulée autour des ruptures technologiques et des marchés clés du 21ème siècle Depuis la fin des années 70, la France ne s’est jamais vraiment dotée d’une stratégie économique et d’une vision industrielle à la hauteur des nouveaux enjeux induits par la révolution des technologies de l’information et la globalisation. Ainsi, aucun gouvernement ni aucune formation politique n’a élaboré, proposé et engagé depuis 30 ans un projet global et cohérent de modernisation se proposant de réformer en profondeur les structures économiques de notre pays pour l’adapter aux grandes transformations qui bouleversent, depuis 1970, le système mondial. Dans de nombreux secteurs industriels confrontés à un changement concurrentiel et technologique irréversible, nous continuons à nous demander comment protéger l’existant au lieu de chercher à tirer au mieux parti du changement. Conséquence : les transformations historiques en cours et leurs effets dramatiques sur des pans entiers de notre industrie nous mettent aujourd’hui au pied du mur. Nous devons donc au plus vite définir une stratégie économique qui nous permette de construire une France du 21ème siècle compétitive et créatrice de richesses, de retrouver rapidement une croissance forte et durable et d’être capable de jouer un rôle majeur dans la construction d’une politique industrielle européenne en faveur de l’économie numérique. Ce défi implique que nous nous dotions d’une vision industrielle ambitieuse et moderne, articulée autour des ruptures technologiques et des marchés clés du 21ème siècle. Le changement technologique rapide doit en effet désormais associer l’innovation des entrepreneurs à des stratégies gouvernementales mûrement réfléchies de choix technologiques et d’encouragement à la recherche.
Cette stratégie économique pourrait ainsi reposer sur cinq principes méthodologiques :
1- Identifier les grands enjeux environnementaux et sociétaux – dans la santé, l’éducation, la sécurité, l’énergie, les transports, pour ne citer qu’eux - des vingt prochaines années qui constitueront autant d’opportunités de marchés à conquérir que de choix technologiques à opérer ;
2- Identifier nos forces et nos faiblesses à la fois industrielles et technologiques au regard de ces enjeux, en s’appuyant notamment sur le formidable réservoir d’innovation et de conquête que représentent la centaine de pôles de compétitivité et les milliers de PME-PMI innovantes disséminées sur tout notre territoire ;
3- Sélectionner les marchés clés sur lesquels nous estimons être les mieux placés au regard à la fois de notre capacité technologique et de notre expertise technique, commerciale et marketing ;
4- Favoriser l’émergence de champions français capables de devenir des leaders mondiaux sur chacun des marchés clés identifiés (et par la même d’entraîner avec eux tout un écosystème composé de sous-traitants et de partenaires commerciaux) en leur fournissant le soutien technologique, réglementaire, fiscal, social, commercial et financier (subventions, prêts à taux privilégiés, crédits publics…) nécessaire qui leur permettra de bénéficier d’avantages concurrentiels sur le marché mondial. Notamment grâce au développement d’un marché intérieur très dynamique tiré, si il le faut, par la commande publique, à l’instar des pratiques de nos principaux concurrents américains et asiatiques.
5- Doter la France, enfin, d'un système éducatif et de formation capable de fournir à ces champions et à leur écosystème la main d'œuvre qualifiée nécessaire à leur fonctionnement et à leur développement. La France bénéficie d’atouts considérables pour se lancer dans une telle bataille. Il s’agit maintenant de les agréger pour donner corps à une véritable stratégie économique associant politique industrielle, politique de la formation, politique de l’emploi et politique de recherche et développement. Face à la désindustrialisation galopante de nos bassins d’emplois, elle permettra de conforter les pôles industriels performants sur nos territoires en suscitant la formation de milieux d’innovation, la concentration du savoir scientifique et technique, d’institutions, d’entreprises et de main d’œuvre très qualifiée, formant bien le creuset de l’innovation dans la nouvelle économie numérique.

Voir l'interview vidéo exclsive d'Olivier Midière, Président de l'ADEN sur www.emprunt-national-2010.fr.

Par Emprunt National 2010 - Publié dans : Propositions sectorielles
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 12:45

Le Syndicat National du Jeu Vidéo (SNJV) publie ce  Jeudi 29 octobre 2009 ses propositions adressées à la commission chargée du grand emprunt pour la création et la production de jeux vidéo en France. Secteur clef des industries et services de l'économie numérique, les professionnels rappellent que le jeu vidéo constitue un investissement stratégique pour la France.


Le jeu vidéo, secteur stratégique pour la France

Le jeu vidéo est la première industrie culturelle dans le monde. La France est le 2e pays européen et le 7e mondial pour la production de contenus vidéo ludiques. Notre pays compte plus de 150 pme innovantes et créatives qui emploient directement plus de 2000 salariés dans la production de contenus et au total 5000, en comptant l'édition de contenus.

« Le jeu vidéo revêt, de par les savoir-faire technologiques et créatifs qui s'y développent, un caractère stratégique pour l'épanouissement d'une économie numérique florissante en France, porteuse des richesses et emplois de demain » souligne Nicolas Gaume, président du Syndicat National du Jeu Vidéo.

Malgré le succès de beaucoup de nos entreprises, le développement de jeux vidéo dans notre pays souffre considérablement d'un cruel manque de compétitivité face à nos concurrents mondiaux. « La concurrence internationale exacerbée par les actions publiques de nos voisins Canadiens ou Coréens notamment, frappe l'industrie française de la création de jeux vidéo qui restera à son niveau actuel si nos entreprises ne sont pas libérées des carcans auxquels nos concurrents ne sont pas soumis. Ces contraintes freinent les capacités de nos studios de développement à devenir de véritables compétiteurs mondiaux. » Indique Nicolas Gaume.

Cette situation est-elle une fatalité?
Certainement pas.

Les développeurs de jeux vidéo portent beaucoup d'espoir vers l'essor des marchés de la distribution dématérialisée, notamment sur les nouvelles générations de consoles, et les mutations du web et du mobile, de plus en plus immersifs et interactifs. Ces évolutions rebattent les cartes et recèlent de nombreuses opportunités pour le jeu vidéo. C'est dans les jeux en ligne et sur ces nouveaux modèles de relation clients que se forge l'avenir du secteur. Cross medias, cross plateformes, les jeux vidéo pénètrent les réseaux sociaux et terminaux mobiles. Aujourd'hui toutes les générations jouent, femmes en tête. Cette évolution de l'industrie du jeu vidéo vers le médium global du divertissement représente une des plus grandes opportunités que les développeurs français peuvent saisir. Nos entreprises possèdent des expertises techniques et créatives rares, des énergies qui ne demandent qu'à se libérer. Mais il est urgent d'augmenter leurs capacités d'autofinancement et de cofinancement.


Le grand emprunt, une opportunité pour investir dans le secteur du jeu vidéo

Pour affronter la période de transformation qui s'ouvre devant lui, avec ses risques et ses opportunités, le secteur du jeu vidéo  doit bénéficier d'une action forte de la part de l'État afin de structurer sa production dans un processus industriel. « Le grand emprunt constitue à cet effet une formidable opportunité pour permettre aux développeurs de jeux vidéo de sortir de leur statut précaire et devenir des champions internationaux dans la création et la diffusion de contenus et d'expériences interactives  originales » rappelle le président du SNJV.


5 mesures clés pour relever les défis industriels du jeu vidéo

Le Syndicat National du Jeu Vidéo recommande d'agir dans trois domaines: le financement de l'outil de production, celui des projets et enfin celui des expérimentations & nouveaux usages.  Les actions à mener se construiraient autour des mesures suivantes :


MESURE n°1: Renforcer les fonds propres des PME du jeu vidéo

Renforcer la solidité financière des entreprises du jeu vidéo par les bons outils de quasi fonds propres, gérés par Oséo et ses partenaires bancaires. Nos PMEs sont faiblement capitalisées et nos couts de production et d'exploitation exigent des financements initiaux importants.


MESURE n°2: Créer un dispositif de financement automatique pour réduire le coût de la production de jeux vidéo.

Faire émerger une création vidéoludique originale, produite en France et financée par les succès commerciaux des productions.


MESURE n°3 : Créer des Sociétés de financement de la production.

Susciter le financement des productions de jeux vidéo, au delà du financement des entreprises, grâce aux incitations fiscales.


MESURE n°4 : Lancer un appel à projets « jeux vidéo dématérialisés»

Inciter l'entrée des professionnels du jeu vidéo sur ces nouveaux marchés. Le fort développement du jeux online et de la dématérialisation des contenus (web, consoles, mobiles) permet aux entreprises de prendre des positions sur le marché des créations originales dans lequel la France est un pays de référence.


MESURE n°5 : Créer une fondation des cultures numériques du divertissement.

Créer de l'intelligence collective au service des usages et des innovations de demain. Grâce au cofinancement de nouvelles expérimentations.

Accèdez au document complet sur www.emprunt-national-2010.fr (Onglet "Propositions")
Par Syndicat National du Jeu Vidéo - Publié dans : Propositions sectorielles
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 16:40
Par la Fédération Française des Télécoms

Chacun s’accorde désormais à reconnaître que le développement du numérique en France est un enjeu essentiel pour une  croissance durable, le développement de la compétitivité de nos entreprises, la création de nouveaux emplois et l’accroissement du bien-être de la population française.

Nous savons en effet qu’au-delà de l’impact positif direct sur l’activité des industries de réseaux et de logiciels, elles-mêmes, le développement du numérique va produire un effet de levier majeur sur l’ensemble de l’économie et sur l’évolution de la société toute entière. On mesure déjà la place incontournable prise par les technologies de l’information et de la communication, en particulier chez les moins de 25 ans, et on anticipe le rôle essentiel que ces technologies pourraient jouer demain dans les problématiques de santé, d’intégration, ou face au vieillissement de la population. On sait par ailleurs que le numérique connecté jouera dans les prochaines années un véritable rôle de « photosynthèse» d’une partie de l’activité humaine, par la mise en œuvre des technologies vertes : services domotiques, bâtiments intelligents, villes intelligentes, routes intelligentes, travail intelligent, etc...Il faut rappeler enfin qu’en investissant dans le numérique, on investit dans l’un des pôles d’excellence de l’industrie et des services français. Qui plus est,  le savoir-faire acquis en France constitue pour les acteurs de ce secteur un atout majeur dans leur conquête de marchés, en Europe et dans le monde.

Or, l’avènement de l’ère numérique passe nécessairement par le déploiement d’un réseau de nouvelle génération, à l’usage de tout le pays si l’on veut éviter d’emblée la création d’une fracture sociale et géographique lourde de conséquences. Mais, pour succéder au réseau de cuivre qui depuis des décennies a su satisfaire progressivement à tous les besoins successifs de la population, il faut réaliser un véritable saut quantique industriel qui soulève naturellement des obstacles importants. Si l’on peut considérer que les difficultés technologiques et réglementaires finiront par trouver des solutions entre les acteurs privés et publics, la résolution de l’équation économique semble, quant à elle, beaucoup plus incertaine.

En effet, apporter la fibre à tous les foyers et toutes les  entreprises en France coûterait plusieurs dizaines de milliards d’euros sur la prochaine décennie (40 milliards selon certaines estimations). Or, l’investissement privé ne peut s’imaginer que dans l’hypothèse de modèles économiques rentables, ce qui ne peut être le cas du très haut débit avec de la fibre optique pour une part importante du territoire (20 à 25 % de la population française), même sur le long terme. Sur une autre part du territoire dont le contour reste à précisez, les opérateurs privés seront en mesure de déployer leurs infrastructures sans financement public et moyennant une mutualisation plus ou moins large de celles-ci. Il revient donc aux pouvoirs publics de donner des signaux clairs aux investisseurs sur le rôle qu’ils entendent jouer dans la durée dans ces différents cas, sans perturber le  jeu de la concurrence, tout en accompagnant l’investissement privé là où celui-ci ne s’engagerait pas seul à court ou moyen terme.

La mise en œuvre de ce vaste plan suppose de poursuivre et d’accélérer, sans dogmatisme et avec une grande lucidité économique, les discussions engagées entre tous les acteurs. Le choix des investissements en fibre qui pourraient être financés par le Grand Emprunt devrait logiquement répondre à un certain nombre de critères : assurance d’un retour sur investissement, projet totalement nouveau, Euro-compatibilité, etc.… Faute de satisfaire à ces critères qui restent à affiner, l’utilisation de l’Emprunt relèverait d’une démarche de subvention aggravant le déficit public qu’il appartiendrait alors au politique d’assumer.

Pour assurer le succès de ce vaste programme et pour un usage vertueux de l’argent public collecté par le Grand Emprunt, les opérateurs réunis au sein de notre Fédération proposent à leurs partenaires publics et privés d’engager l’action sur 3 plans :

-         Finaliser la couverture de toute la France en Haut débit : il s’agirait d’amener le Haut débit dans tous les foyers situés en zones « blanches », actuellement. Cet accès au Haut Débit pourrait être accompagné d’une politique publique d’aide à l’équipement des ménages et des PME, avec des solutions technologiques appropriées, propice à l’utilisation de ressources issues du Grand Emprunt

-         Préparer la montée en débit sur toute la France, en apportant la fibre dans les villes et les villages par la desserte optique de tous les répartiteurs et d’une partie des sous-répartiteurs, d’ici à 2015. Ce projet constitue, à lui seul, un enjeu financier de plusieurs milliards d’euros. La montée en débit des zones résiduelles serait assurée par le déploiement du haut et du très haut débit mobile permis à cette date par la réutilisation des fréquences du dividende numérique.

-         Développer de manière très volontariste les e-services : l’Etat et les collectivités locales légitimant ainsi l’investissement de la fibre sur le territoire en mettant rapidement  à disposition des usagers des services numériques évolués dans les domaines qui correspondent aux attentes principales des citoyens et des entreprises : santé, formation, éducation, emploi, administration, etc.

 La mise en œuvre de ces 3 priorités passe nécessairement, à notre sens, par une approche très pragmatique, par le développement de partenariats public-privé et par la mise en place d’une gouvernance appropriée pour le choix des projets, leur priorisation et la gestion de leur financement.

La préparation et le lancement de ces 3 types d’actions permettrait en parallèle  aux opérateurs et aux pouvoirs publics de finaliser la démarche de déploiement,  là où l’investissement public n’est pas nécessaire et ainsi, c’est bien la France toute entière et tous les français qui seraient concernés et bénéficiaires de la révolution numérique.

Par FFT - Publié dans : Propositions sectorielles
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 17:28

Contribution du GESI


Le GESI est l’organisme professionnel des principaux fabricants, fabricants –installateurs et installateurs de matériel de détection incendie et de système de sécurité incendie.



Notre défi :

7.000 personnes sur 4 ans pour le retrait et l’élimination de

7 millions de détecteurs incendie radio-actifs représentant

3 Md € de volume d’activités.

Contexte :

 

Le décret 2007-1582 du 7 novembre 2007 a apporté des modifications au code de la santé publique qui vont permettre d’encadrer le retrait des détecteurs ioniques de fumée de manière progressive par voie réglementaire.

Ces détecteurs ont un rôle clé dans la détection d’un départ d’incendie et le déclenchement d’un système de sécurité incendie. Mis sur le marché après la 2ème guerre mondiale, 7.000.000 de détecteurs incendie incluant un radionucléide équipent encore aujourd’hui de nombreuses installations en raison de leur efficacité et fiabilité. Ils comprenaient fréquemment une source ionisante d’americium 241, sans danger dans les conditions normales d’utilisation. La règlementation interdisant toute addition de radionucléides dans les produits de construction depuis avril 2002, les fabricants ont proposé de nouvelles technologies de détection sans source radioactive.

Si l’utilisation des détecteurs ioniques était justifiée par les avantages que la technique associée procurait, cela n’est plus valable aujourd’hui dans la mesure où une autre technologie alternative existe et répond aux exigences normatives et réglementaires de la détection incendie. Cette évolution impose le retrait de ces dispositifs en application du code de la santé publique.

Le retrait progressif :

Toutefois, compte tenu de l’importance du parc installé et afin de planifier les migrations de technologies de façon coordonnée et efficace pour l’utilisateur final, un retrait progressif des détecteurs ioniques est nécessaire. Un régime dérogatoire à l’interdiction d’addition de radionucléides devrait donc être mis en place à titre transitoire afin d’encadrer réglementairement cette migration.

A ce titre, l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) devrait définir  le régime dérogatoire applicable après concertation des principaux acteurs du marché (1 arrêté interministériel et 2 décisions d’application de l’ASN). Il prévoirait notamment l’échéancier du retrait progressif, de cette migration des détecteurs incendie.

Ainsi, une migration planifiée, c’est l’assurance d’un coût maîtrisé !

 

 

Création du label de qualité QUALDION : les professionnels s’engagent !

 

Sous l’impulsion du GESI, Groupement français des industries Electroniques de Sécurité Incendie, les organisations professionnelles de la FFIE, du SERCE et du SVDI ont décidé de s’impliquer dans l’organisation de la filière d’élimination des détecteurs incendie ioniques. M. Régis Cousin, Président du GESI nous déclare : « Afin de contribuer efficacement à la filière d’élimination des radionucléides, les responsables du GESI, du SERCE, de la FFIE et du SVDI ont décidé de créer un label de qualité QUALDION couvrant les opérations des sociétés de dépose des détecteurs ioniques. »

Les organisations professionnelles précisent que « L’objectif de QUALDION, c’est d’apporter une seconde garantie à l’utilisateur final et un service satisfaisant aux critères du développement durable. »

Le problème de l’élimination de ces déchets radioactifs dans le bâtiment est donc une réalité connue depuis quelques années. Cependant, si cette migration n’est pas maîtrisée dans le cadre de la filière industrielle  d’élimination,elle peut amener des dérives telles que l’élimination sauvage de sources radioactives par du personnel ni formé, ni prévenu, aboutissant à des dépôts de déchets contaminés

sans précaution aucune, générant des pollutions supplémentaires.

 

En effet, les sociétés de dépose labellisées QUALDION s’engagent à  respecter :

 

-          Une élimination des détecteurs contenant des sources radioactives qui seront récupérés avec des conditions de transport sécurisées et un stockage en coopération avec les fournisseurs de sources, l’ANDRA, le CEA...

-          Les règles de l’arrêté interministériel et les décisions ASN consécutives ;

-          Le régime applicable prévu par le code de la santé publique (déclaration ou autorisation) ;

-          La remontée d’information auprès de l’IRSN ;

-          La transparence garantie des opérations auprès de l’utilisateur ;

Choisir QUALDION, c’est la garantie de :

-          une solution de migration des détecteurs ioniques digne d’une marque de qualité, assurant le retrait du marché de ces détecteurs;

-          une garantie de qualité de service sur l’ensemble de la chaîne des opérateurs intervenant dans ce retrait ;

-          la prise en compte immédiate et intégrale des problèmes posés à l’exploitant par le retrait des détecteurs ioniques.

Grâce au déploiement de 7.000 personnes sur 4 ans permettant un retrait et une élimination « propres » de 7 millions de détecteurs incendie radio-actifs, les professionnels de la détection incendie s’engagent. Avec votre support, cette migration de qualité, organisée par une chaîne de professionnels qualifiés et compétents, c’est une protection de la santé et de l’environnement assurée!

 

Par Emprunt National 2010 - Publié dans : Propositions sectorielles
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 18:10

Par Pierre Gattaz - Président de la FIEEC (Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication)

La question de l’emprunt doit être posée dans le bon sens. Les débats sur le montant et les modalités de financement sont importants mais doivent venir dans un second temps.

L’interrogation sur l’emprunt doit d’abord être celle du positionnement de notre pays : croit-on encore que la
France peut être un grand pays industriel, innovant, conquérant sur les marchés internationaux, avec des emplois à haute valeur ajoutée sur notre sol ? Croit-on encore que notre industrie est capable de conquérir, de se développer et d’offrir des perspectives à nos concitoyens ?

Pour les industriels du secteur de l’électricité, de l’électronique et de la communication, la réponse est évidemment oui. Car nous le prouvons tous les jours : nous avons dans notre secteur des champions industriels français et européens, entreprises grandes, petites et moyennes, qui se battent à l’international au quotidien et réussissent (50% des 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires du secteur est exporté !). Mais ça ne suffit pas et trop souvent nos entreprises ont l’impression de se battre seules, loin de leurs bases, fragilisées par un marché intérieur atone.


L’emprunt doit avant tout répondre à cette problématique : comment recréer des marchés nationaux, basés sur les grands enjeux sociétaux que sont le développement durable, le numérique, la santé ou la sécurité, autour de projets concrets définis en commun. Car si notre secteur est au cœur des réponses à apporter à ces enjeux, nous savons que nous ne les construirons pas seuls.  Il nous faut réapprendre à travailler en commun, main dans la main, au travers d’un partenariat stratégique : grandes, moyennes et petites entreprises de l’industrie comme des services, gouvernement, administrations, collectivités locales, universités, recherche et enseignement, pôles de compétitivités et… citoyens !


L’emprunt est donc avant tout une opportunité formidable pour se projeter dans l’avenir de façon conquérante et visionnaire, cesser de vivre sur nos acquis afin de demeurer parmi les grandes nations industrialisées. Ne pas grever le budget de l’Etat par une gestion court terme et des mesures tacticiennes, mais définir de façon concertée une vision constructive pour notre pays dans le cadre d’une stratégie industrielle partagée, voilà notre défi !

C’est notre responsabilité et notre avenir collectif qui est en question, le futur de nos enfants, la richesse de notre pays, les emplois et la croissance durable de demain. Ce sont ces convictions qui guident nos réflexions. Nous sommes prêts et les propositions qui suivent sont le fruit de plusieurs années de travail collectif.


Retrouvez le rapport "Une stratégie industrielle pour les marchés du futur" et le "Plan de conquête des industries à valeur ajoutée technologique" dans la partie "Documentation" du site www.emprunt-national-2010.fr.

Par Emprunt National 2010 - Publié dans : Propositions sectorielles
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