Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /Nov /2009 14:28
Par Olivier Midière Président de l’Association de Développement de l’Economie Numérique en France

Priorité N° 1 :
Doter le pays d’infrastructures très haut débit fixes et mobiles (de 10 à 100M Mbit/s et plus) performantes et compétitives sur l’ensemble du territoire Les réseaux très haut débit fixes et mobiles sont au carrefour des nouvelles technologies, des nouvelles applications, des nouveaux services et des nouveaux usages numériques. Ils sont donc indispensables au développement de l’écosystème numérique et d’activités futures, comme par exemple dans les secteurs de l’éducation ou de la santé. Hors aujourd’hui le très haut débit ne concerne que quelques milliers de foyers dans les zones denses et, si rien est fait dès maintenant, seuls 40% des français y auront accès en 2020. Or, offrir le très haut débit à tous et partout est un enjeu stratégique pour notre pays. Y parvenir réclame une volonté interventionniste forte des pouvoirs publics, fondée sur le partenariat entre tous les acteurs (Etat, collectivités et opérateurs privés), la coordination pour une cohérence des actions, la mutualisation pour un partage des coûts, la péréquation pour un déploiement équilibré et équitable. A cet égard, les mesures annoncées dans le Plan France Numérique 2012 ainsi que dans le volet numérique du plan de relance – un droit d’accès pour tous à Internet en 2012 avec un débit minimum de 512 Kbit/s, ce qui correspond au plancher de l’ADSL, et un investissement de l’Etat de 750 millions d’euros sur trois ans via la CDC - ne peuvent malheureusement constituer une orientation stratégique compte tenu de la rapidité des évolutions d’usages et des 40 milliards d’euros nécessaires pour couvrir l’ensemble du territoire en très haut débit fixe et mobile, comme le précise l’avis rendu par le CESE en février dernier sous la houlette de son rapporteur, André Marcon. Le CESE qui estime d’ailleurs que tous les acteurs doivent investir ensemble dès maintenant pour aller vite vers le très haut débit, avec comme objectif un accès pour tous dans les dix ans. Les enjeux sont importants et le défi doit désormais être relevé car les technologies FTTH sont matures et prêtes à être déployées à la condition que tous les acteurs participent à cet effort national.

Priorité N° 2 :
Accélérer la diffusion et l’utilisation des nouvelles technologies dans l'ensemble de nos petites et moyennes entreprises pour redresser la compétitivité française L’impact des technologies de l’information sur la productivité, l’innovation et la compétitivité de nos entreprises et de notre économie est désormais un fait avéré. Tout comme la corrélation directe entre le niveau d’investissement d’un pays dans les nouvelles technologies et la croissance de son PIB. Parallèlement, toutes les études concordent sur le fait les TPE-PME françaises, depuis une quinzaine d’années, investissent moins que leurs homologues européennes, américaines ou asiatiques dans les nouvelles technologies, cela étant particulièrement vrai pour ce qui concerne l’utilisation d’Internet. La France a donc connu, ces 15 dernières années, un net affaiblissement de sa productivité et de sa compétitivité au regard des autres économies développées, en raison principalement de sa contre performance en matière d'innovation et d'utilisation des technologies de l'information par ses entreprises. Accélérer la diffusion de ces nouvelles technologies dans l'ensemble de notre tissu industriel et commercial, c'est donc avant tout fournir à notre économie l'un des principaux leviers lui permettant de redresser sa productivité et sa compétitivité à court terme, et donc sa croissance potentielle à moyen et long termes. La capacité de nos entreprises artisanales, commerciales, agricoles et industrielles, à se former, s’équiper, innover, entreprendre et évoluer dans le nouvel environnement technologique est plus que vitale pour notre compétitivité économique. De ce point de vue, les actions visant à accélérer la compétitivité et la croissance des entreprises par le numérique dans le cadre du Plan France Numérique 2012, bien qu’encourageantes, s’avèrent largement insuffisantes, tant au niveau des mesures préconisées que des budgets alloués ou des modes de gouvernance proposés. C’est pourquoi l’ensemble de la profession regrette également que, malgré ses multiples propositions, le volet numérique du Plan de relance n’intègre aucune disposition dédiée au développement des nouvelles technologies dans les TPE-PME, comme par exemple une prime au renouvellement de leurs équipements informatique et télécoms ou un crédit d’impôt sur leurs dépenses en logiciels, en applications Internet et en services IT. Des mesures qui auraient sans aucun doute eu la vertu de soutenir à la fois un secteur industriel en proie aux difficultés – la crise a en effet déjà provoqué plusieurs milliers de licenciements dans la filière électronique et numérique - et des PME-PMI en mal de compétitivité. Il est donc aujourd’hui urgent de bâtir un programme ambitieux fondé sur la culture du résultat – c’est-à-dire doté d’objectifs quantitatifs et qualitatifs clairs dans le temps - visant à réellement accélérer la diffusion et l’utilisation des nouvelles technologies dans l’ensemble de nos petites et moyennes entreprises. Ce programme devrait d’une part mettre davantage de moyens sur les actions déjà initiées par le gouvernement par le passé – en particulier le Plan TIC & PME 2010 et le Passeport pour l’Economie Numérique qui en l’état sont loin d’avoir atteint leur potentiel de réalisation – et d’autre part intégrer de nouvelles mesures d’incitation, notamment fiscales, pour l’équipement en nouvelles technologies des TPE-PME et pour le développement des usages Internet dans les entreprises.

Priorité N°3 :
Libérer les énergies et favoriser la croissance des entreprises du secteur des technologies de l’information en France Le secteur des technologies de l’information, qui globalement rassemble les entreprises industrielles et les sociétés de services issues de l’électronique, de l’informatique, des télécoms, de l’Internet et du logiciel, représente désormais en France une force économique très puissante avec plus de 100.000 entreprises de toutes tailles occupant plus d’un million de personnes et pesant près de 8% de la valeur ajoutée française. Nous savons aujourd’hui que ce secteur recèle un potentiel de croissance considérable, capable d’irriguer toute l’économie française et susceptible de générer des centaines de milliers d’emplois, comme d’en préserver d’autres qui seraient, autrement, détruits ou délocalisés. Ainsi, au plan macro-économique, le secteur des technologies de l’information contribue à un quart de la croissance française et ses effets diffusants sur le reste de l’économie dépassent ceux induits par tous les autres secteurs confondus. Aucun autre secteur ne présente autant « d’effets de levier » sur l’ensemble de l’économie. Pourtant, avec seulement huit entreprises parmi les 200 premières sociétés high-tech mondiales, la France n’occupe aujourd’hui que la 11ème place en Europe et on constate un affaiblissement relatif de sa position dans les technologies de l’information depuis 15 ans par rapport à ses principaux compétiteurs. Or, cet écart de la France par rapport aux grands pays producteurs de nouvelles technologies est de nature à réduire nos opportunités de croissance. Au-delà des fortes fluctuations conjoncturelles, les technologies de l’information constituent en effet un secteur porteur dont le marché a cru de 70 % de plus que le PIB mondial au cours des dix dernières années. Dans ce contexte, il est là encore urgent de favoriser la croissance des entreprises du secteur des technologies en France en allégeant les contraintes qui pèsent sur leur développement et en libérant leurs énergies. Particulièrement en ce qui concerne les PME innovantes de l’économie numérique qui ont grand besoin de mesures leur permettant à la fois de mieux se développer sur leur marché intérieur, de réussir leur internationalisation et d’accroître leurs efforts en matière d’investissements en recherche et développement. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la France parviendra à se doter dans les industries à valeur ajoutée, d’un tissu d’établissements de taille intermédiaire compétitif et innovant capable de conquérir des marchés mondiaux et de rivaliser ainsi avec les nations les plus avancées technologiquement. Il est indispensable de les y aider, et pour cela de développer les sources de financement mises à leur disposition, de leur faciliter l’accès aux marchés publics et aux marchés étrangers, de leur apporter les meilleures compétences ou encore de créer des dispositifs spécifiques, ponctuellement ou dans la durée, en matières fiscales, juridiques et sociales. Un grand nombre de propositions, recouvrant tous ces domaines, ont d’ailleurs déjà été transmises au gouvernement depuis plusieurs mois par les principales organisations professionnelles représentant les différentes industries du secteur des technologies de l’information en France : ainsi, le Syntec Informatique, l’AFDEL, le FIEEC, la FIEEN, Alliance Tics, l’AFNET ou encore le MEDEF ont tous remis des rapports et des propositions ante et post crise constituant un véritable plan de conquête pour les industries à valeur ajoutée technologique et visant à faire de la France un leader de l’économie numérique.

Priorité N°4 :
Doter la France d’une stratégie économique fondée sur une vision industrielle ambitieuse et moderne articulée autour des ruptures technologiques et des marchés clés du 21ème siècle Depuis la fin des années 70, la France ne s’est jamais vraiment dotée d’une stratégie économique et d’une vision industrielle à la hauteur des nouveaux enjeux induits par la révolution des technologies de l’information et la globalisation. Ainsi, aucun gouvernement ni aucune formation politique n’a élaboré, proposé et engagé depuis 30 ans un projet global et cohérent de modernisation se proposant de réformer en profondeur les structures économiques de notre pays pour l’adapter aux grandes transformations qui bouleversent, depuis 1970, le système mondial. Dans de nombreux secteurs industriels confrontés à un changement concurrentiel et technologique irréversible, nous continuons à nous demander comment protéger l’existant au lieu de chercher à tirer au mieux parti du changement. Conséquence : les transformations historiques en cours et leurs effets dramatiques sur des pans entiers de notre industrie nous mettent aujourd’hui au pied du mur. Nous devons donc au plus vite définir une stratégie économique qui nous permette de construire une France du 21ème siècle compétitive et créatrice de richesses, de retrouver rapidement une croissance forte et durable et d’être capable de jouer un rôle majeur dans la construction d’une politique industrielle européenne en faveur de l’économie numérique. Ce défi implique que nous nous dotions d’une vision industrielle ambitieuse et moderne, articulée autour des ruptures technologiques et des marchés clés du 21ème siècle. Le changement technologique rapide doit en effet désormais associer l’innovation des entrepreneurs à des stratégies gouvernementales mûrement réfléchies de choix technologiques et d’encouragement à la recherche.
Cette stratégie économique pourrait ainsi reposer sur cinq principes méthodologiques :
1- Identifier les grands enjeux environnementaux et sociétaux – dans la santé, l’éducation, la sécurité, l’énergie, les transports, pour ne citer qu’eux - des vingt prochaines années qui constitueront autant d’opportunités de marchés à conquérir que de choix technologiques à opérer ;
2- Identifier nos forces et nos faiblesses à la fois industrielles et technologiques au regard de ces enjeux, en s’appuyant notamment sur le formidable réservoir d’innovation et de conquête que représentent la centaine de pôles de compétitivité et les milliers de PME-PMI innovantes disséminées sur tout notre territoire ;
3- Sélectionner les marchés clés sur lesquels nous estimons être les mieux placés au regard à la fois de notre capacité technologique et de notre expertise technique, commerciale et marketing ;
4- Favoriser l’émergence de champions français capables de devenir des leaders mondiaux sur chacun des marchés clés identifiés (et par la même d’entraîner avec eux tout un écosystème composé de sous-traitants et de partenaires commerciaux) en leur fournissant le soutien technologique, réglementaire, fiscal, social, commercial et financier (subventions, prêts à taux privilégiés, crédits publics…) nécessaire qui leur permettra de bénéficier d’avantages concurrentiels sur le marché mondial. Notamment grâce au développement d’un marché intérieur très dynamique tiré, si il le faut, par la commande publique, à l’instar des pratiques de nos principaux concurrents américains et asiatiques.
5- Doter la France, enfin, d'un système éducatif et de formation capable de fournir à ces champions et à leur écosystème la main d'œuvre qualifiée nécessaire à leur fonctionnement et à leur développement. La France bénéficie d’atouts considérables pour se lancer dans une telle bataille. Il s’agit maintenant de les agréger pour donner corps à une véritable stratégie économique associant politique industrielle, politique de la formation, politique de l’emploi et politique de recherche et développement. Face à la désindustrialisation galopante de nos bassins d’emplois, elle permettra de conforter les pôles industriels performants sur nos territoires en suscitant la formation de milieux d’innovation, la concentration du savoir scientifique et technique, d’institutions, d’entreprises et de main d’œuvre très qualifiée, formant bien le creuset de l’innovation dans la nouvelle économie numérique.

Voir l'interview vidéo exclsive d'Olivier Midière, Président de l'ADEN sur www.emprunt-national-2010.fr.

Par Emprunt National 2010 - Publié dans : Propositions sectorielles
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Ni dettes, Ni emprunts, la France doit créer de l'Argent !

Non à l'emprunt Sarkozy !

Face au pillage de notre pays organisé, depuis plus de 30 ans, par les marchés financiers qui gonflent artificielle, par les taux d'intérêt, la dette de notre pays, et afin de promouvoir des politiques de bien commun le gouvernement Français doit rompre avec la loi Giscard-Ponpidou du 3 janvier 1973, et tous les traités européens depuis Maastricht.

Le gouvernement doit reprendre sa souveraineté économique et émettre du crédit productif Publique émit par une nouvelle Banque de la France.

Le château de cartes de la finance est entrain de s'effondrer, il faut sortir de la spéculation et remettre l'argent au service de la population.

David C.
david.cabas.over-blog.fr
Commentaire n°1 posté par David C. le 22/11/2009 à 00h40

Bonjour,
      

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page:ÉCOSYSTÈMES NUMÉRIQUES.

LES ÉCOSYSTÈMES NUMÉRIQUES:UN THÉORÈME.
Facebook, Twitter, Youtube, Dailymotion, Delicious...

Cordialement

Clovis Simard

Commentaire n°2 posté par fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) le 19/12/2010 à 00h50

Recherche

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus